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3 nouvelles pépites jeunesse {from Philly} !

14 février 2019

Trois nouveaux super livres jeunesse, tous trois trouvés à Philadelphie. Mon plaisir en vacances ou en vadrouille dans une ville nouvelle (en France ou ailleurs), presque un rituel, c’est de dénicher une petite librairie (ou plusieurs c’est encore mieux !) et ramener quelques ouvrages coup de cœur ! Particulièrement des livres jeunesse, qui ont je crois depuis toujours, ma préférence !

Le « Storybook Dictionary » de Richard Scarry chez Golden Book (1966), trouvé dans la boutique « Long in the booth » {qui vend surtout des vinyls mais qui a aussi un coin livres d’occasion}. Il regorge de détails d’une drôlerie délicieuse et irrésistible !!! Chaque personnage a son petit nom et on les retrouve régulièrement au fil des pages… Il y a par exemple Brambles, le sanglier et ses péripéties capillaires ! Pickles le petit cochon qui a toujours les yeux plus gros que le ventre, Fingers le poulpe, bien souvent embarrassé et indécis avec ses 8 doigts-tentacules !!! On pourrait passer des heures à relever la multitude de détails adorables !!!

« Search-And-Finds Alphabet of Alphabets » {rebaptisé par Maï et Anouk « Le slip et la souris ! », je vous explique pourquoi juste après.} de Allan Sanders chez Wide Eyed, qui s’est très vite placé en tête de leur livres chouchous du moment ! {Bon un peu moins depuis quelques jours, mais pendant presque 3 semaines après notre retour, elles me le réclamaient tous les soirs avant de s’endormir !!!}

Chaque page (ou double page parfois) est dédiée à une lettre de l’alphabet et à un univers (Forêt, Océan) ou une famille d’animaux, B for Birds, C for Creepy-Crawlies! … Et sur chacune des pages, on retrouve plusieurs éléments, récurrents sur toutes les pages, avec en particulier une petite souris, qui accompagne les petits lecteurs tout au long du livre, mais aussi un slip (!), une couronne (on l’a découvert plus tard) et un chiffre (de 1 à 26 pour chacune des lettres) et que les filles se font une joie de pointer du doigt le plus rapidement possible !!  {Dans le même esprit que les Mamoko où l’on peut suivre et s’amuser à retrouver les personnages d’une page à l’autre.} Les dessins, super choux, me font un peu penser aux dessins de Jochen Gerner, ça pétille et Maï et Anouk adorent retrouver en particulier, le slip et la souris {-d’où son nouveau petit nom- 😉 }… mais aussi tous les nombreux détails drôles et très joyeux !

 Et le dernier trouvé dans la jolie boutique OMOI, « MY DAD Used to Be So Cool » de Keith Negley chez Flying Eye Books. Bon, les filles ont moins accroché, il n’a bien sûr pas le côté très ludique des deux autres {et qui évidemment lui font un peu d’ombre}, mais je leur relirai plus tard. Car pour ma part, j’ai trouvé l’histoire de ce papa tatoué qui s’occupe seul de son petit garçon, touchante et les dessins, dans des dominantes de couleurs primaires et franches, parfaits pour accompagner cette histoire. Le petit garçon se questionne beaucoup sur la vie de son papa avant, quand il n’était pas encore là. Il devait probablement être un ancien rockeur ou un biker !!… Il semble pourtant si sérieux aujourd’hui. Mais ce qui compte finalement maintenant, c’est qu’il est un papa et un papa très cool dont l’occupation favorite est de prendre soin de lui et c’est quand même super chouette aussi !

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Tribu/s du monde de Anne De Vandière

19 octobre 2018

Tribu/s du monde est un livre magnifique, les photos d’Anne de Vandière sont d’une délicatesse incroyable. Un merveilleux livre-objet {le soin apporté à l’impression d’une qualité remarquable, le choix du papier, les raffinées pages « doublées-pliées »…} de presque 600 pages, fruit de sept années à parcourir le monde. Tanzanie, Groeland, Laos Ladakh, Pérou, Maroc, Éthiopie, Australie, Malaisie, France, Népal, Sénégal, Québec, Inde, Équateur, Thaïlande, Laponie. Anne de Vandière a photographié des hommes, des femmes et des enfants, mais a aussi et surtout recueillit leurs témoignages avec respect, tolérance et une envie d’apprendre, de comprendre en les appréhendant dans toute leur humanité. Et les mains comme fil conducteur, les mains qui tissent, écrivent, égrènent un mala, qui créent, qui bercent, qui caressent, qui fabriquent, qui sculptent, gravent, réchauffent, réconfortent, guérissent, rassurent, nourrissent, mettent eu monde les bébés, … comme la quête d’un alphabet universel des signes de la main qui nous donnera les clés de compréhension de l’homme. {Extrait du texte issu de ce livre, Les mains positives de Florent Maubert }

« Les tribus représentent 350 millions de personnes sur notre planète. Elles peuplent tous les continents, et bien que très différentes, se retrouvent toutes autour de l’amour de leur terre et de l’attachement à leurs ancêtres. La relation de leurs mains, de leurs gestes avec la nature est exemplaire. La transmission de leurs savoir-faire est unique. Ce sont les sentinelles de la Terre. … »

Les textes et les témoignages de ce livre sont merveilleux, tellement instructifs et d’une simplicité belle, forte et extrêmement touchante.

Durant sept années, chaque visage rencontré, chaque main tendue et chaque propos recueilli précieusement dans l’intimité et la confiance, m’ont convaincue que plus d’un chemin mène à l’avenir. (…) Tribu/s du monde n’est surtout pas un «cabinet de curiosité» mais plutôt une tentatiive de répnse à ce qui n’est pas nous, une tolérance, une envie d’apprendre et de comprendre l’autre. Anne de Vandière

 Malaisie | Village sur pilotis. L’origine des Badjaos est mystérieuse. La légende parle d’une vague géante, qui les dispersa sur l’océan. À la naissance d’un enfant, le placenta représente son jumeau. Déposé lors d’une cérémonie au fond de l’eau, il est supposé grandir et vivre une vie parallèle dans l’océan. La marque d’un lien indestructible avec l’univers aquatique.

Anne n’est pas anthropologue, ni ethnologue. Elle se contente de voyager, parfois très loin, parfois tout près. Et elle regarde. (…) Un soir, je me souviens, c’était au bout de la Terre, juste avant l’Atlantique, un soir, j’ai regardé ces photographies. Et une émotion m’a saisi. J’ai reconnu ces gens comme de très lointains mais aussi de très possibles frères et sœurs… Ce qui les distinguaient de moi était tellement, tellement moins frappant que notre évidente ressemblance. J’ai cherché un nom, pour dire mon émotion de ce soir-là, mon émotion du bout de la Terre. J’ai fini par trouver : fraternité. Les photos d’Anne de Vandière donnent de la fraternité. Fragilité, fraternité. Avez-vous entendu comme ces mots sonnent presque pareil ? Sans doute parce que rien n’est plus fragile que la fraternité. Comme la vie.

{Extrait de Fragilité fragile d’Érik Orsenna, préface de ce livre}

Ces hommes et ces femmes sont les balises, les repères d’une humanité qui se perd et s’oublie. Partir à la rencontre de ces personnes remarquables, c’est entreprendre un voyage initiatique. Un chemin qui mène au plus loin de soi et au plus près de l’autre. Ces mains sont le miroir de notre humanité, de nos traditions de sagesse et de savoirs. » (…) Des témoignages si magiques et fascinants qu’on ne sait s’ils retracent une expérience ou s’ils la suscitent, s’ils évoquent le sacré ou s’ils en sont pénétrés. Il s’agit pour eux de révéler le sacré dans sa réalité la plus humaine, l’homme, dans sa nudité, dans toute sa simplicité. (…)

{Extrait du texte issu de ce livre, Le miroir des mains de Priscilla Telmon}

| * Un bijou de livre, qui m’a été offert par maman, à Noël dernier. Trouvé à la belle librairie Voyageurs du monde à Paris.  |